Notre Histoire
« L’ADDE s’inscrit, historiquement, dans un moment où la pratique du droit des étrangers, l’engagement et la responsabilité collective sont devenus indissociables. »
Contexte
Au début des années 1990, le droit des étrangers en France est encore peu développé et rarement investi. La discipline est encore marginale, méconnue, et seuls quelques avocats en maîtrisent réellement les contours.
Dans un contexte de durcissement des politiques migratoires¹ et de montée de discours xénophobes, un petit groupe d’avocats parisiens fait le même constat : face à des atteintes croissantes aux droits des personnes étrangères, agir seul ne suffit plus.
Il devient nécessaire de s’organiser collectivement et de partager les savoirs afin d’assurer la meilleure défense possible à celles et ceux qui en sont les victimes.
Le tournant décisif
L’année 1996 marque un moment clé.
Cet été-là, à Paris, plusieurs centaines de personnes en situation irrégulière trouvent refuge dans l’église Saint-Bernard¹.
Leur action, largement soutenue, met en lumière la réalité vécue par les personnes étrangères, la violence des politiques menées et les limites de la défense individuelle.
L’évacuation brutale de l’église par les forces de l’ordre, largement médiatisée, choque l’opinion publique et provoque une mobilisation d’ampleur.
Pour de nombreux avocats engagés, ces événements constituent un point de bascule : ils confirment la nécessité d’aller plus loin dans l’organisation de la défense des étrangers.
Naissance de l’ADDE
De cette période naît une conviction partagée : pour défendre efficacement les droits des étrangers, une structure indépendante, collective et engagée doit être mise sur pied.
C’est ainsi que l’Association des Avocats pour la Défense des Droits des Étrangers (ADDE) voit le jour.
Rapidement, l’ADDE rassemble des avocats venus de tout le territoire, unis par une même exigence : faire du droit un outil de protection, de rigueur et de solidarité.
Aujourd’hui, l’ADDE compte plusieurs centaines de membres, tous avocats inscrits à un barreau français, et poursuit cet engagement dans la continuité de son histoire.
Solidarité & collégialité
Une défense qui s’appuie sur un collectif d’avocats engagés et solidaires.
Nous agissons ensemble, entre avocats engagés, pour sortir de l’isolement professionnel et renforcer la qualité de la défense.
La solidarité chez nos adhérents se traduit par le partage des jurisprudences, des connaissances, des pratiques et des expériences, par le débat et la confrontation des analyses, et par la constitution d’une expertise collective au service de chaque personne que nos membres assiste.
Indépendance & intégrité
La condition de notre liberté de parole et d’action.
Nous défendons notre autonomie totale, libre de toute influence politique ou institutionnelle.
L’indépendance garantit que nos analyses, nos prises de position et nos interventions sont dictées uniquement par le respect des droits fondamentaux.
Elle fonde notre intégrité et assure la crédibilité et la responsabilité de chaque action que nous menons.
Engagement pour les droits humains
Un engagement fondé sur le droit, la maîtrise et l’exigence.
Chaque action, chaque prise de position repose sur une expertise juridique approfondie, des analyses précises et une connaissance rigoureuse des textes et de la jurisprudence.
Notre engagement est exigeant : il est fondé, réfléchi et concret, pour que la dignité et les droits de toutes et tous les étrangers soient protégés.
Dans la continuité de cet engagement, nous nous mobilisons avec constance contre le racisme et toutes les formes de discrimination.
Nos valeurs
Nos actions sont guidées par des valeurs qui donnent sens à notre engagement et à notre manière de défendre les droits des étrangers.
Nos lignes d'actions
Pour protéger les droits fondamentaux, nous combinons engagement juridique, partage de connaissances et solidarité entre avocats.
Agir et défendre
Nous intervenons partout où les droits fondamentaux des étrangers sont menacés, avec rigueur et engagement.
L’ADDE s’implique publiquement pour la défense des droits des étrangers et prend position face aux atteintes à ces droits.
Elle s’efforce également de promouvoir les droits des étrangers, et par l’action de ses membres, de favoriser leur intégration.
Elle agit aussi à travers des contentieux stratégiques, en soutenant des causes d’intérêt général devant les juridictions.
Enfin, l’association entretient un dialogue constant avec les institutions tels que les ministères, préfectures, ordres des avocats afin de porter la voix de la défense des droits des étrangers.
Informer et former
Nous partageons savoir et expertise pour renforcer la pratique du droit des étrangers.
L’ADDE diffuse une culture juridique solide auprès des avocats, associations et étudiant·es œuvrant dans le domaine du droit des étrangers.
L’association organise régulièrement colloques, séminaires et formations, permettant de suivre les évolutions législatives et jurisprudentielles. Des journées d’étude analysent les récentes modifications du cadre légal et les décisions marquantes.
Ces initiatives incluent également des échanges de pratiques entre membres, favorisant le partage d’expériences et la transmission du savoir-faire.
Grâce à ces actions, l’ADDE renforce les compétences des praticiens et consolide une défense des droits fondée sur l’expérience de terrain.
Soutenir et accompagner
Nous constituons un réseau solide pour appuyer et renforcer nos membres dans leur pratique.
L’ADDE met à disposition de ses membres une veille juridique permanente, offrant un accès rapide aux textes et décisions récents. Le réseau professionnel de l’association favorise l’entraide et le partage d’expertise et de stratégies contentieuses.
Cette dynamique collective contribue à améliorer la qualité de la défense apportée aux personnes étrangères et à soutenir chaque membre dans son exercice professionnel.
Collaborer et fédérer
Nous unissons nos forces avec partenaires et associations pour défendre les droits humains.
L’ADDE est membre d’associations ou de collectifs agissant dans certains segments du droit des étrangers, tels que :
- l’ANAFÉ (Association Nationale d’Assistance aux Frontières pour les Etrangers),
- InfoMIE (Information sur les Mineurs Isolés Etrangers),
- le CFDA (Coordination française pour le Droit d’Asile)
- et l’OEE (Observatoire de l’Enfermement des Etrangers)
L’action de l’ADDE s’inscrit aussi dans une dynamique de collaboration avec de nombreux partenaires :
- Conseil national des barreaux (CNB),
- Ordres d’avocats,
- le Syndicat des avocats de France (SAF)
- et associations de défense des étrangers ou droits humains comme le Gisti, la Cimade, la LDH ou encore ELENA (Réseau Juridique Européen pour l’Asile).
Ces participations et partenariats permettent d’allier compétences juridiques et engagement citoyen autour d’un objectif commun : protéger les droits humains et promouvoir une justice accessible à toutes et tous.
L’ADDE n’est pas un cabinet d’avocats et ne prend pas en charge de dossiers individuels.
Notre action se concentre sur la défense collective, le partage de connaissances et le soutien aux praticiens du droit des étrangers.
Notre objectif est de renforcer la capacité des avocats à défendre les droits des étrangers, de contribuer à augmenter leur niveau d’expertise, et de porter des positions collectives, pour que chaque action individuelle s’inscrive dans un cadre solide et structuré.
Si vous souhaitez vous adresser directement à un avocat, vous pouvez contacter l’Ordre des avocats le plus proche.
Certains Ordres ont mis en place des permanences pour les urgences.
Vous pouvez aussi consulter la liste nationale des avocats figurant dans l’annuaire du Conseil national des Barreaux.
Si vous avez besoin d’assistance juridique personnelle, plusieurs associations peuvent vous accompagner et vous orienter vers des professionnels compétents.
Des associations locales existent également.
Attention : une structure, autre qu’un cabinet d’avocats, n’est pas habilitée à fournir des prestations juridiques, y compris de conseil, qui soient rémunérées.
Les associations les plus connues, qui ont pour certaines des antennes locales, sont :
- La Cimade – accompagnement juridique et soutien aux personnes étrangères.
- France Terre d’Asile – informations et orientation pour les demandes d’asile et le droit des étrangers.
- Le GISTI – analyses juridiques, conseils et ressources documentaires sur le droit des étrangers.
- La LDH – La Ligue des Droits de l’Homme.
Être interlocuteur pour les institutions
Les institutions publiques et les acteurs du champ juridique peuvent s’appuyer sur l’ADDE comme un espace de réflexion, d’analyse et d’expertise en droit des étrangers.
Nous contribuons au débat public par des prises de position collectives, des analyses juridiques et une connaissance approfondie des pratiques de terrain.
L’ADDE est auditionnée, sur sa demande ou sur sollicitation, par les institutions, les élus, sur tout sujet qui impacte le droit des étrangers.
Nous contacter pour un échange, une audition ou une collaboration
Fonctionnement
& Membres
L’ADDE réunit exclusivement des avocats inscrits à un barreau français, engagés de manière réelle et concrète dans la pratique du droit des étrangers, du droit d’asile et de la nationalité.
Rejoindre l’ADDE, ce n’est pas seulement adhérer à une structure. C’est intégrer un collectif fondé sur la contribution intellectuelle, la collégialité et le débat.
Les échanges, les analyses et les prises de position se construisent ensemble, dans un cadre exigeant, respectueux et ouvert à la confrontation des points de vue.
L’association est dirigée par un bureau élu chaque année, composé de membres actifs, dont un ou des présidents, un ou deux secrétaires et un trésorier.
Le bureau se réunit, au moins, une fois par mois pour définir les orientations de l’association, choisir les actions à mener et en assurer la mise en œuvre.
Chaque année se tient l’assemblée générale des membres de l’association.
L’assemblée approuve les comptes de l’exercice, vote le budget et autorise les opérations qui n’entrent pas dans les pouvoirs du bureau.
La plupart du temps, le bureau décide d’organiser à cette occasion un temps d’échanges et de réflexion sur des thématiques d’importance pratique, ou stratégique.
Aujourd’hui, l’ADDE rassemble plus de 350 avocats répartis sur l’ensemble du territoire national. Ses membres appartiennent à tous les barreaux de France métropolitaine et d’Outre-mer.
Cette diversité professionnelle et géographique contribue à la richesse des échanges et renforce la portée des actions menées.
Depuis plus de trente ans, l’ADDE constitue un espace de réflexion, de travail et d’engagement collectif pour des avocats qui partagent une même exigence : défendre les droits des étrangers avec rigueur, indépendance et responsabilité.
Présentation du bureau
Morade ZOUINE – Lyon
Patrick BERDUGO – Paris
Anaïs PLACE – Paris
Aurélia PIERRE – Seine-Saint-Denis
Audrey LEREIN – Paris
Zia OLOUMI – Paris
Oumayma SELMI – Hauts-de-Seine
Nohra BOUKARA – Strasbourg
Jean-Eric MALABRE – Limoges
Laurent CHARLES – Paris
Ingrid METTON – Paris
Emmanuelle NERAUDAU – Nantes
Camille PAPINOT – Caen
Cécile MADELINE – Rouen
Déontologie & engagement envers l’association
Chaque membre concourt à l’excellence technique et déontologique recherchée par notre association.
Les obligations déontologiques propres à la profession d’avocat, que sont la dignité, la conscience, l’indépendance, la probité et l’humanité doivent guider l’exercice professionnelle de chacun des membres de l’association.
L’ADDE est un réseau utile à tous, un lieu d’échanges, de partage du savoir, d’informations et de ressources.
Il vise en premier lieu à améliorer la pratique de chaque membre, il permet de mettre en place des actions collectives, et partant, d’assurer une meilleure défense des droits des personnes étrangères.
Seul un esprit collectif et de partage permet à l’association de perdurer et de s’améliorer.
En adhérant, chacun fait siens les principes essentiels de l’ADDE, s’engage à respecter l’esprit et les objectifs de l’association, et à contribuer à son bon fonctionnement.
Conformément à l’esprit et aux objectifs de l’ADDE, ses membres n’interviennent en aucune façon pour le compte des administrations dans le domaine du droit des étrangers.
S’engager davantage avec l’ADDE
L’ADDE vit par l’implication de ses membres
Le partage des analyses, la participation aux travaux, la réflexion collective et le débat sont indispensables au dynamisme de notre association.
S’investir davantage, c’est contribuer à faire vivre l’association, renforcer nos positions communes et nourrir une expertise collective utile à tous.
Chacun peut le faire à sa manière,
selon ses disponibilités et ses pratiques.